Activisme pour le logement
Grèves des loyers et mobilisations des locataires, 1908-1939
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Au début du XXe siècle, les locataires de New York, dans les quartiers allant de Brownsville à Chelsea, ont protesté contre la hausse des loyers et les mauvaises conditions de vie en organisant des grèves des loyers : ils ont retenu les paiements mensuels pour faire pression sur les propriétaires afin qu'ils s'attaquent aux conditions ou réduisent les coûts.
Ces actions sporadiques ont pris de l'ampleur pendant et après la Première Guerre mondiale, en particulier après la pénurie de charbon et le rude hiver de 1917. Les grèves des loyers sont devenues un outil puissant pour exiger des propriétaires qu'ils rendent des comptes et ont contribué à attirer l'attention sur la crise du logement dans la ville.
Souvent menées par des femmes ouvrières immigrées des communautés juives d'Europe de l'Est, les grèves des loyers devinrent des campagnes coordonnées avec le soutien du Parti socialiste. Ces mouvements subirent une vive réaction politique lors de la Peur rouge de 1919, certains militants étant accusés de bolchevisme, déportés ou démis de leurs fonctions.
Leurs efforts ont mené à une campagne plus large de régulation des loyers et ont contribué à l'adoption des premières lois de contrôle des loyers à New York en 1920. Bien que ces lois aient expiré à la fin de la décennie, l'activisme des locataires s'est poursuivi pendant la Grande Dépression et au-delà. Les militants ont également commencé à promouvoir des alternatives à la location privée, notamment les coopératives d'habitation, les logements sociaux et, plus tard, les fiducies foncières communautaires. Si les stratégies ont évolué, la demande de logements abordables reste urgente aujourd'hui dans un contexte de gentrification et de hausse des prix.